Choisir la lumière ou les ténèbres ?

Dans toute situation, un choix perpétuel se présente à nous. Choisirons-nous la lumière ou les ténèbres ?

Les ténèbres sont simples, rapides, parfois instantanées. Dans notre détresse apparente, elles se présentent à nous, séduisantes et vigoureuses. Succombez-y et elles vous apporteront une satisfaction immédiate, face à ce séisme qui a provoqué cette faille. Comme d’un revers de la main, elles vous donneront la conviction d’avoir remédié à cette insupportable tension qui vous traversait de toutes parts. C’est la facilité, l’instinct primaire, animal. Celui de l’assouvissement, de la vengeance, du pouvoir, de la domination mais surtout de la crainte. Car oui, nous craignions d’être bafoués, asservis détruits, et ainsi donc avions-nous eu une bonne raison de réagir ainsi. Mais après tout, il n’a eu que ce qu’il méritait, ce n’était que justice ! C’était plus fort que moi, je n’ai pas pu m’y résoudre ! Mais voilà, les ténèbres laissent toujours derrière elles ce panache toxique, invisible au début pour celui qui lui ouvre la porte. C’est là qu’est la « grande erreur ». Car cette noirceur, d’une manière ou d’une autre et inéluctablement, finit par nous revenir. Alors, nous sommes désarçonnés, désemparés face à ce retour, et nous cherchons à nous défendre, car nous avons été une nouvelle fois attaqué, mis en danger dans notre intégrité, le désir de riposte revient donc en force, plus fort qu’avant, devenant viscéral ; « Viscéral », ce mot que l’on confond si souvent avec « vital ». C’est là que naissent les conflits, puis les guerres, c’est là que naît le pire de ce monde.

La lumière vient à nous, elle aussi à chaque fois. Dépourvue d’un quelconque orgueil, elle paraît si discrète, presque invisible face à sa sœur des ténèbres. De prime abord, elle ne nous séduit aucunement, la choisir vous semblera dur, ingrat, et même illogique, ou contre-intuitif, car cela mettra en difficulté ce petit personnage que l’on incarne ici sur Terre. Après tout, que pourrait-il bien y gagner dans tout cela ? C’est alors que son choix n’est autre qu’un changement de conscience. Car l’espace d’un instant, il n’a pas vu son intérêt égotique mais il a eu la foi. Il n’a pas « réagit », mais il a « été ». Et bientôt, la douleur éprouvée par l’expérience rencontrée s’apaise et, tout comme sa sœur, la lumière nous revient un jour mais cette fois pour nous apporter sa gloire. C’est ce que le prophète Mohammed décrivait par la parabole des anges scribes, où celui de droite notait les « bonnes actions » et celui de gauche « les mauvaises ». Ainsi avons-nous ce que l’on nomme « bénédictions » et entrons-nous dans la « paix de Dieu », qui est ici et maintenant. C’est comme si notre être se retrouvait enrichit car notre âme s’était alors façonné un magnifique et inestimable joyau. Ces joyaux, nous en avons tous. C’est ce dont Jésus parlait dans la Bible lorsqu’il évoquait la couronne de gloire, ornée de ces mêmes-joyaux formés par la Lumière, qui a pu entrer et s’épanouir dans les différents choix de notre vie. Cette gloire est dépourvue d’une quelconque vanité, car elle est la gloire de tous les êtres, elle n’est que l’expression magnifique de ce qui EST. Plus rien n’est alors séparé, plus rien n’est alors inférieur ou supérieur à quoi que ce soit. On sait alors que notre être est celui du Grand Tout, de la source Père/Mère, et sa joie devient donc la nôtre. C’est là que naît l’union et la paix. C’est là que naît le meilleur de ce monde.

Les ténèbres sont très contagieuses, la lumière l’est tout autant. Mais alors, tandis que les ténèbres se hâtent et demeurent fugaces, la lumière prend le temps et demeure pérenne.

C’est là une grande et belle leçon de vie que nous devons réapprendre à chaque instant.

Camille